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Une demande difficile à dire

Une rupture se raconte : il y a une histoire, une date, quelqu'un à nommer. L'absence de rencontre ne se raconte pas. Il n'y a rien à décrire, sinon des années qui passent et un entourage qui pose la question à chaque repas de famille.

Beaucoup de personnes attendent longtemps avant d'en parler à quiconque, y compris à leurs proches, par crainte d'être prises en pitié ou de s'entendre répondre que cela viendra.

Ce qui revient dans ces parcours

  • Les rencontres se font, mais rien ne s'installe. Trois mois, six mois, puis cela s'éteint sans raison claire, à chaque fois.
  • Toujours le même type de personne, et toujours le même dénouement, avec des gens qui n'ont pourtant rien en commun.
  • Des relations qui n'aboutissent jamais à quelque chose de reconnu : jamais présenté à la famille, jamais officiel.
  • Un blocage qui coïncide avec une date : une rupture ancienne, un deuil, un retour au pays, un événement familial.
  • Une situation qui se répète à l'identique chez plusieurs personnes de la même famille.

Ce qu'il faut regarder en premier

Comme toujours, les explications ordinaires viennent avant les autres, et elles sont nombreuses ici.

  1. Le mode de vie. Un emploi du temps entièrement pris par le travail et la famille ne laisse aucune place matérielle à une rencontre.
  2. Une rupture ancienne mal digérée, qui fait tenir tout le monde à distance sans qu'on s'en rende compte.
  3. Des critères devenus si précis qu'ils excluent tout le monde. Cela se corrige.
  4. Un isolement progressif, où le cercle de relations s'est réduit d'année en année sans décision consciente.
  5. Une difficulté personnelle qui demande d'abord d'être traitée pour elle-même, sans rapport avec la rencontre.

Quand la question se pose autrement

Quand ces éléments ne rendent compte de rien, quand la répétition est trop régulière pour être fortuite, ou quand elle a commencé à une date précise sans qu'aucun événement ne corresponde, l'étude cherche ailleurs.

Dans la tradition dans laquelle travaille Maître Samou, ce qui bloque de cette façon vient parfois d'une affaire familiale ancienne, d'un engagement pris et non tenu à une génération précédente, ou d'une jalousie dirigée contre une personne dont la réussite dérangeait. Ce sont des situations connues et elles se travaillent.

Ce qui n'est jamais proposé

Un travail visant à faire tomber quelqu'un de précis amoureux de vous. Cette demande arrive régulièrement, souvent formulée à demi-mot, et elle est refusée.

Ce n'est pas un scrupule de façade. Un lien obtenu de cette façon ne tient pas, et la personne qui l'a demandé se retrouve quelques mois plus tard dans une situation pire, avec en plus le sentiment d'avoir été flouée. Ce qui peut être entrepris vise à lever ce qui bloque, pas à désigner une cible.

Ce que les gens en retirent

Souvent moins spectaculaire que ce qu'ils espéraient, et plus utile. Comprendre pourquoi cela se répète, identifier ce qui appartient à leur histoire et ce qui n'en relève pas, et cesser de se considérer comme le problème.

Cette dernière chose compte plus qu'on ne l'imagine. Après plusieurs années, la plupart des personnes qui consultent pour ce motif ont fini par se persuader qu'elles avaient quelque chose de défectueux. C'est rarement le cas, et l'entendre dire par quelqu'un d'extérieur change beaucoup.

Les applications, et ce qu'elles ont changé

Elles reviennent dans presque toutes les consultations sur ce sujet, et le constat est le même d'une personne à l'autre : beaucoup de contacts, très peu de rencontres, et une lassitude qui s'installe après quelques mois.

Deux effets méritent d'être nommés. Le premier est l'abondance : quand une autre possibilité semble toujours disponible, plus personne ne s'attarde. Le second est le passage à l'écrit : des semaines de messages avec quelqu'un qu'on n'a jamais vu créent une relation avec une idée, pas avec une personne.

Cela n'a rien de spirituel et cela explique une bonne part des échecs répétés décrits au cabinet. Voir la personne rapidement, ou pas du tout, reste le conseil le plus utile qu'on puisse donner sur ce terrain.

Consulter à trente ans, ou à cinquante

La demande n'a pas le même contenu. À trente ans, elle porte souvent sur ce qui se répète et sur la peur de passer à côté. À cinquante, après un veuvage ou un divorce, elle porte sur la légitimité même de recommencer, et sur le regard des enfants.

Les deux se reçoivent, et la seconde plus souvent qu'on ne l'imagine.

Ce qu'il faut cesser de s'entendre dire

Deux phrases circulent et font des dégâts : « ça arrivera quand tu ne chercheras plus » et « tu es trop exigeante ». La première n'a jamais aidé personne, la seconde fait porter la faute à celui qui souffre déjà de la situation.

Une absence de rencontre a des causes, comme tout le reste. Elles se cherchent, elles se nomment, et certaines se lèvent. C'est plus utile qu'une formule de consolation répétée par un entourage bien intentionné.

Quarante-deux ans, jamais rien de sérieux. On m'a demandé ce qui s'était passé dans ma famille l'année de mes vingt ans. Je ne m'attendais pas à cette question.

Pascal M., Gennevilliers

En parler simplement

Il n'y a rien de ridicule dans cette démarche, et c'est une demande reçue régulièrement au cabinet. Vous pouvez exposer la situation par téléphone au 06 05 95 73 78 avant de décider de vous déplacer rue Poulet.

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