Pourquoi aucune durée n'est annoncée au premier appel
Parce qu'à ce moment-là, personne ne sait encore sur quoi porte le travail. Vous avez exposé une situation ; l'étude n'a pas été faite. Annoncer trois semaines ou deux mois à cet instant serait un chiffre inventé pour rassurer.
Une durée sérieuse s'estime après l'étude, quand il est possible de dire ce qui bloque et depuis quand. C'est à ce moment qu'elle vous est donnée, en même temps que le tarif, avant que vous décidiez quoi que ce soit.
Ce qui fait varier la durée
- L'ancienneté de la situation. Un silence installé depuis quinze jours et une rupture vieille de trois ans ne demandent pas le même temps.
- Le nombre de personnes concernées. Une affaire qui traverse une famille entière est plus longue qu'une affaire entre deux personnes.
- La nature de la demande. Une protection ponctuelle avant un départ n'a rien à voir avec un travail de fond sur une répétition ancienne.
- Ce qui s'est construit depuis. Une vie entièrement réorganisée demande davantage qu'une situation restée en suspens.
- Ce qui bouge en cours de route. Une situation qui évolue vite demande un suivi resserré ; une situation figée demande de la patience.
Les ordres de grandeur
Sans en faire des promesses, quelques repères tirés de la pratique. Certaines situations bougent en quelques jours. Beaucoup demandent plusieurs semaines de travail suivi. Certaines, les plus anciennes ou les plus enchevêtrées, demandent des mois.
Ce qui compte n'est pas le chiffre en lui-même, mais le fait qu'il vous soit donné avant, tenu ensuite, et révisé ouvertement s'il doit l'être.
Comment se passe le suivi
- Des points sont fixés à des dates convenues ensemble, pas au hasard des inquiétudes.
- Ils peuvent être resserrés quand la situation bouge, ou espacés quand elle se stabilise.
- Vous pouvez appeler entre deux points si quelque chose change. Un appel de dix minutes ne dérange personne.
- Ce qui ne bouge pas se dit aussi. Une absence d'évolution est une information, pas un échec à cacher.
Ce qui doit vous alerter
Un accompagnement qui n'a pas de terme. Si l'on vous explique de mois en mois qu'il faut continuer, sans jamais rien conclure et avec une somme nouvelle à chaque étape, ce n'est plus un accompagnement.
Le signe le plus net est celui-ci : à chaque point, un obstacle nouveau est découvert, qui justifie une prolongation et un versement. Le mécanisme est connu et il fonctionne parce que vous avez déjà payé, non parce que vous êtes crédule.
Quand un travail s'arrête
Il s'arrête quand ce pour quoi il a été engagé est atteint, ou quand il apparaît qu'il ne le sera pas. Le second cas existe et doit être dit. Entretenir quelqu'un dans une attente sans fond coûte des mois de vie.
Vous pouvez également décider d'arrêter, à tout moment et sans avoir à vous justifier. C'est votre droit, et un praticien sérieux ne fera pas de cette décision un drame ni une menace.
La patience, qui n'est pas de la résignation
Une chose s'observe constamment : les personnes qui vont le mieux au bout de six mois ne sont pas celles dont la situation s'est débloquée le plus vite. Ce sont celles qui ont continué à vivre pendant que le travail se faisait.
Suspendre sa vie en attendant un résultat est la meilleure façon de rendre l'attente insupportable, quelle que soit sa durée réelle.
Pourquoi certaines situations bougent d'un coup
C'est une chose qui déroute et qu'il vaut mieux avoir entendue à l'avance : les évolutions sont rarement régulières. Il ne se passe rien pendant des semaines, puis plusieurs choses en quelques jours.
Cela s'explique simplement. Une situation bloquée l'est souvent par plusieurs éléments à la fois ; tant qu'ils tiennent tous, rien ne paraît changer, et quand le dernier cède, tout se déplace en même temps.
L'effet pratique est important : le milieu d'un accompagnement est le moment où l'on doute le plus, où l'on se dit que cela ne sert à rien et où beaucoup de gens abandonnent. Le savoir à l'avance aide à traverser cette période, et c'est une des raisons pour lesquelles des points réguliers sont fixés plutôt que laissés à l'initiative de chacun.
Noter la date du début
Écrivez quelque part la date à laquelle le travail a commencé, ce qui a été annoncé, et la durée estimée. Cela prend deux minutes et cela vous servira.
Au bout de quelques semaines, la mémoire arrange les choses dans un sens ou dans l'autre : on oublie ce qui avait été dit, ou on se souvient d'une promesse qui n'a jamais été faite. Une note écrite le premier jour évite les deux, et permet de poser des questions précises au moment du point.
Il m'a dit qu'il ne pouvait pas me donner de durée avant d'avoir regardé. C'est la première fois qu'on ne me sortait pas un chiffre au téléphone.
Véronique A., Cergy
Poser vos questions
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