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Ce qu'est un cauri

Le cauri est un petit coquillage blanc, brillant, à l'ouverture dentelée. Il vient de l'océan Indien et il a circulé pendant des siècles dans toute l'Afrique de l'Ouest, où il a servi de monnaie bien avant de servir à autre chose.

Cette histoire n'est pas un détail. Le cauri a été un objet d'échange, de dot, de tribut : il porte une valeur reconnue par tous, et c'est en partie ce qui explique la place qu'il occupe aujourd'hui dans les pratiques traditionnelles.

Le support n'est pas le don

C'est le point le plus important de cet article, et celui qu'il faut retenir si vous ne retenez qu'une chose.

Les cauris ne parlent pas d'eux-mêmes. Ils constituent un support de lecture, comme les cartes en Europe ou le pendule ailleurs. Ce qui fait la consultation, c'est la personne qui lit, sa tradition et son apprentissage, pas l'objet posé sur la table. Un praticien qui laisse croire que le pouvoir est dans le coquillage vend un objet, pas une consultation.

Comment cela se pratique

Les cauris sont jetés sur une natte ou sur un tissu, en petit nombre. Ce qui est lu tient à la façon dont ils retombent : ouverture vers le haut ou vers le bas, groupés ou dispersés, proches ou éloignés les uns des autres.

Chaque tradition a ses lectures, et elles ne se recoupent pas toutes. Ce qui vaut chez un praticien du Sénégal ne vaut pas nécessairement chez un praticien du Bénin ou du Mali. C'est une pratique transmise, pas un code universel que l'on pourrait apprendre dans un livre.

Ce que la lecture cherche

  • L'origine d'une situation : ce qui l'a déclenchée, et à quel moment.
  • Ce qui pèse aujourd'hui, y compris ce que la personne n'a pas dit ou n'a pas vu.
  • La présence d'une influence extérieure, quand il y en a une.
  • Ce qui reste ouvert et ce qui est fermé, dans une relation comme dans un projet.
  • Ce qui peut être entrepris, et par quoi commencer.

Ce qu'aucun support ne donne

Il faut être aussi net sur ce point que sur le précédent. Ni les cauris, ni les cartes, ni aucun autre support ne donnent de dates précises, de numéros à jouer, de noms de coupables ou de garanties de résultat.

Une date suppose de connaître des décisions que les personnes concernées n'ont pas encore prises. Un nom donné à tort détruit des familles, et cela ne se répare pas. Un praticien qui vous annonce l'un ou l'autre ne lit pas mieux que les autres : il promet davantage.

Pourquoi la consultation commence quand même par vos mots

Certains s'en étonnent, et parfois s'en méfient : pourquoi raconter, si le support doit dire ? La réponse est simple. Une lecture porte sur une situation, et une situation doit être située.

Ce que vous racontez donne le cadre : qui, depuis quand, dans quelles circonstances. La lecture vient ensuite chercher ce qui n'a pas été dit, ce qui n'était pas su, ou ce qui était su sans être regardé. C'est de la rencontre des deux que sort quelque chose d'utile.

Cauris, cartes, pendule : faut-il choisir ?

Non, et la question se pose moins qu'on ne le croit. Un consultant ne choisit pas un support comme il choisirait un outil dans un catalogue : il s'adresse à un praticien, qui travaille avec ce que sa tradition lui a transmis.

Ce qui doit guider votre choix n'est pas l'objet posé sur la table, mais ce qui vous est dit pendant l'échange : est-ce compréhensible, est-ce que les limites sont annoncées, est-ce que le prix est dit avant. Ces trois questions valent pour tous les supports du monde.

Les cauris en dehors de la voyance

Il est utile de savoir qu'ils ne servent pas qu'à cela, sans quoi on leur prête un mystère qu'ils n'ont pas.

On les retrouve dans les parures, sur les vêtements de cérémonie, dans les coiffures, cousus sur des tissus, offerts lors des mariages et des naissances. Ils figurent dans la dot dans plusieurs régions, et ils ornent des objets du quotidien sans aucune fonction divinatoire.

Cette présence ordinaire explique en partie leur place dans les pratiques : ils appartiennent à la vie de tous les jours avant d'appartenir à un rituel, et personne, dans les régions où ils circulent, ne les regarde comme des objets inquiétants.

Faut-il en posséder soi-même ?

Non, et il n'est jamais proposé d'en acheter. Un cauri gardé dans un tiroir n'a pas d'effet, et quiconque vous en vend en vous laissant croire l'inverse vend un coquillage au prix d'un bijou.

J'ai demandé ce que voulaient dire les coquillages. Il a pris le temps de m'expliquer au lieu de faire mystère. Ça m'a plus rassurée que tout le reste.

Christelle A., Aubervilliers

Poser vos questions

Vous pouvez demander ce que vous voyez, ce que cela signifie et pourquoi telle conclusion en est tirée. Une pratique traditionnelle n'a pas besoin d'être obscure pour être sérieuse, et une explication donnée simplement n'enlève rien à ce qui est transmis depuis des générations.

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