Quatre demandes sous un seul mot
Quand quelqu'un dit venir pour un travail de fidélité, il faut d'abord savoir de quoi il parle. L'expérience du cabinet en fait ressortir quatre cas, et ils n'appellent pas la même réponse.
- Le doute sans fait : rien de précis, mais une impression tenace que quelque chose a changé.
- Le fait connu : une infidélité découverte, avec la question de savoir si la relation peut se poursuivre.
- L'éloignement : plus de tendresse, plus de conversation, sans qu'aucune autre personne ne soit en cause.
- La peur ancienne : une trahison vécue dans une relation précédente, ou chez ses parents, qui empoisonne une relation où il ne s'est rien passé.
Le quatrième cas est plus fréquent que les trois autres réunis, et c'est celui que personne n'annonce en entrant.
Ce sur quoi un travail porte
Dans la tradition dans laquelle travaille Maître Samou, le travail de fidélité vise à renforcer le lien et la confiance mutuelle entre deux personnes. Il porte sur ce qui use la relation : les rancunes accumulées, les silences installés, l'influence d'un entourage, une jalousie extérieure qui pèse sur le couple.
Il ne porte pas sur la volonté de la personne concernée, et c'est une distinction qui doit être dite plutôt que laissée dans le flou.
La limite, dite clairement
Une demande visant à contraindre quelqu'un, à le surveiller ou à l'empêcher d'agir n'est pas acceptée. Ce n'est pas une position morale de façade : un lien tenu par la contrainte ne tient pas, et personne n'a jamais construit quoi que ce soit de durable de cette manière.
Ce qui peut être entrepris vise à rétablir ce qui circulait entre deux personnes et qui ne circule plus. Ce que chacun en fait ensuite lui appartient entièrement.
Le doute sans fait : le cas le plus difficile
C'est celui qui use le plus, parce qu'il n'y a rien à quoi se tenir. Pas de preuve, pas d'aveu, pas de rupture : juste une impression qui revient chaque soir.
Deux voies mènent au malheur dans cette situation, et ce sont celles que la plupart des gens empruntent : fouiller le téléphone, ce qui ne prouve jamais rien et abîme définitivement la confiance quand c'est découvert ; ou se taire pendant des mois en laissant l'idée grandir seule. Une troisième voie existe, et elle est plus simple qu'elle n'en a l'air.
Poser la question, et comment
- Choisissez un moment calme, pas un soir de dispute ni juste avant de dormir.
- Parlez de ce que vous ressentez, pas de ce que vous soupçonnez. « Je te sens loin depuis quelques mois » ouvre une conversation ; une accusation la ferme.
- Donnez un repère de temps. Depuis quand, à partir de quel événement.
- Écoutez la réponse en entier avant de répondre, même si elle vous heurte.
- N'attendez pas tout d'un seul échange. Ces conversations se reprennent.
Ce que la consultation apporte ici
Elle cherche l'origine de ce qui s'est installé : un éloignement progressif, une influence extérieure, une jalousie dirigée contre le couple, ou une inquiétude qui vient de votre propre histoire et non de la relation présente.
Cette dernière réponse est fréquente, et elle est reçue de deux façons : soit comme un soulagement, soit comme une déception. Elle est pourtant celle qui permet de sortir du tourment, parce qu'elle désigne quelque chose sur quoi vous avez prise.
Quand la relation est déjà finie
Il arrive que la consultation montre qu'il n'y a plus de lien à renforcer, et que ce que la personne veut retenir n'existe plus depuis longtemps. Cela se dit, même si ce n'est pas ce qu'elle était venue entendre.
Entretenir quelqu'un dans une attente sans fond coûte des mois de vie, et ce n'est pas un service à rendre. La question devient alors autre : comment sortir de cette situation sans y laisser sa santé.
Le mot ne recouvre pas la même chose pour tout le monde
C'est une source de malentendus considérable, et elle apparaît presque à chaque consultation portant sur ce sujet.
Pour l'un, la fidélité s'arrête aux actes. Pour l'autre, un échange de messages quotidien avec quelqu'un est déjà une trahison. Pour un troisième, la question est ailleurs : ce qui est vécu comme une infidélité, c'est de raconter à quelqu'un d'extérieur ce qui devrait rester dans le couple.
Aucune de ces définitions n'est la bonne, et deux personnes peuvent vivre ensemble quinze ans sans découvrir qu'elles n'ont pas la même. Poser la question franchement, une fois, évite des années de reproches où chacun est convaincu d'être dans son droit.
Je venais pour qu'on s'occupe de mon mari. On m'a fait parler de mon père. Je n'avais jamais fait le lien entre les deux.
Sandra E., Bondy
En parler
Le cabinet reçoit 7 jours sur 7 de 8 h à 21 h, au 25 rue Poulet, métro Château Rouge. Vous pouvez aussi exposer la situation par téléphone au 06 05 95 73 78 avant de décider d'un déplacement.